Gouvernement en Tunisie: le bilan des concertations politiques remis vendredi au président

Publié le : jeudi, 13 février 2020 12:50   Lu : 19 fois
Gouvernement en Tunisie: le bilan des concertations politiques remis vendredi au président

ALGER - Le bilan des concertations politiques en vue de former un nouveau gouvernement en Tunisie sera remis, vendredi, au président de la pérpublique Kaies Saied, selon le bureau de presse du chef du gouvernement désigné Elyes Fakhfakh, alors que les Tunisiens s'inquiètent de la situation socio-économique du pays.

Ce bilan est la synthèse de 25 jours d'intenses concertations avec les différentes formations politiques, les groupes parlementaires, les organisations nationales et personnalités, entamées par Elyes Fakhfakh au lendemain de sa désignation par le président de la République, le  20 janvier dernier.

La séance de remise du bilan, prévue à 18h au Palais de Carthage, passionne selon les médias locaux, au plus haut point, les Tunisiens en attente de la formation d'un gouvernement depuis maintenant plus de trois mois.

Le regard des Tunisiens à cette rencontre, précise-t-on de mêmes sources, est accompagné d'une "grande inquiétude" due à une "quasi-opacité" caractérisant jusqu'ici l'avancement desquelles concertations dont peu d'informations a été rendu public .

Le nouveau chef du gouvernement désigné, Elyes Fakhfakh, a opté en effet depuis sa désignation, souligne-t-on, pour un mode de communication au "compte-goutte" en totale contradiction avec celui de son prédécesseur, Habib Jemli, qui tenait à informer régulièrement ses concitoyens.

 Toujours selon les médias, l'inquiétude des Tunisiens a été aussi entretenue par les formations politiques qui ne cessent pas de rendre publiques "leurs hésitations, voir leur refus de coopérer" avec Elyes Fakhfakh.

C'est le cas notamment du parti destourien libre (BDL), de Abir Moussi, disposant de la troisième force au sein de l'Assemble des représentants du peuple (ARP, Parlement) qui s'oppose aux choix de Fakhfakh, allant jusqu'à refuser son invitation à prendre connaissance du bilan de ses concertations avec les partis de la coalition.   


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D'autres partis, à l'image de Qalb Tounes (Au Coeur de la Tunisie), ne se lassent pas de rappeler publiquement leurs préalables pour faire partie du prochain gouvernement.

Qalb Tounes, deuxième force politique, a indiqué dans sa dernière déclaration que sa position reste constante quant à l'obligation de former un gouvernement "inclusif et sans exclusion". La formation de Nabil Karoui n'a pas omis de préciser qu'en cas de non satisfaction de cette condition, d"'opter d'office pour l'opposition". 

De son côté, le parti Ennahdha, majoritaire au sein de l'ARP, a lui aussi fait part récemment de "divergences" avec le chef du gouvernement désigné.

"Les divergences avec M. Fakhfakh sont fondamentales", a déclaré, mercredi, le président du Conseil de la choura du parti, Abdelkarim Harouni, rappelant que le mouvement tient à un gouvernement d'unité nationale.

"Si jamais il voulait faire passer son gouvernement, M. Fakhfakh devrait réussir à avoir une majorité parlementaire satisfaisante lors du vote de confiance (...) mais il semble jusqu'à présent qu'il (M. Fakhfakh) est en train de former un gouvernement minoritaire", a-t-il dit.

Dans ce sens, Elyès Fakhfakh avait indiqué, depuis sa désignation, de ne faire participer dans son cabinet que les partis ayant soutenu le président Kaies Saied lors du deuxième tour. Il a en outre affirmé aussi que la désignation des ministères régaliens sera laissé au président de la République.

Le nouveau chef du gouvernement désigné dispose, selon la Constitution en vigueur, d'un autre mois pour parachever la formation de son cabinet. Dans le cas où il n'y parviendrais pas, la Constitution permet au président de la République de convoquer des élections législatives anticipées.

                      

Une situation socio-économique difficile

 

Le retard dans la désignation d'un nouveau gouvernement en Tunisie complique de plus en plus la situation économique et sociale du pays, laquelle est depuis un certain temps déjà dans "une zone rouge", s'accordent à dire et les spécialistes en questions économiques et les observateurs de la scène politique en Tunisie.

Le chef du gouvernement chargé des affaires courantes, Youssef Chahed, n'est pas allé au courant de la semaine écoulée par les quatre chemins pour décrire la situation difficile dans son pays, estimant que le retard accusé dans la formation du nouveau gouvernement est "énorme".

"Trois mois et demi après le scrutin législatif, la situation est devenue difficile", avait-il indiqué la semaine dernière, alors que tous les voyants de développement sont désormais au rouge, selon des experts.

Le taux  de chômage est estimé désormais  à 34,7% chez les jeunes est de 15,1% chez l'ensemble de la société, alors que le taux de l'inflation est établi à 6,7% sur toute l’année 2019. De même pour le déficit de la balance commerciale, affirme-t-on.


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Le retard dans la formation du gouvernement laisse planer également, selon les observateurs, planer d'autres risques, à l'image de celui de la sécurité. Ce risque est d'autant plus plausible,indique-t-on, compte tenue de la situation en Libye voisine et l'affluence de migrants subsahariens sur la Tunisie.portant sur La situation générale dans le pays, notamment la situation sécuritaire et socio-économique, a été au centre d'un entretien mercredi entre le président Kais Saied et le chef du gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes, Youssef Chahed, a indiqué la présidence tunisienne dans un communiqué.

"L'entretien a porté sur la situation générale dans le pays, en particulier la situation en matière de sécurité et les défis sécuritaires les plus importants dans la lutte contre le terrorisme en plus de la situation économique et sociale", a déclaré Youssef Chahed, dans une vidéo publiée sur la page de la présidence sur le site des médias sociaux.

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  Publié le : jeudi, 13 février 2020 12:50     Catégorie : Monde     Lu : 19 foi (s)   Partagez