Sahara occidental : Le Maroc doit reprendre les négociations dans un esprit de coopération honnête

Publié le : mardi, 13 juin 2017 16:21   Lu : 6 fois
Sahara occidental : Le Maroc doit reprendre les négociations dans un esprit  de coopération honnête
APS PHOTOS © 2017

NEW YORK- Le Maroc qui bloque le processus de paix au  Sahara occidental depuis 2012 doit revenir à la table des négociations  "dans un esprit de coopération honnête" en abandonnant son agenda caché  pour le territoire, a déclaré lundi soir à New York le représentant du  Front Polisario auprès des Nations Unies, Ahmed Boukhari.

S’exprimant devant le Comité spécial de la décolonisation de l’ONU, dit  Comité des 24, M. Boukhari a indiqué que le Maroc refuse depuis 2012, en  violation des résolutions du Conseil de sécurité, de poursuivre les  négociations directes avec le Front Polisario, rappelant à ce titre les  manœuvres des autorités marocaines pour saborder le processus onusien et  qui ont conduit à la démission de l’émissaire Christopher Ross.

Le Maroc a empêché l’ancien SG de l’ONU, Ban Ki-moon, de se rendre dans  les territoires sahraouis occupés avant de le dénigrer publiquement,  expulsé la composante civile et politique de la Minurso (Mission des  Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au  Sahara occidental) et violé les termes du cessez-le-feu dans la zone tampon  d’El Guergarat , a-t-il ajouté.

La situation à El Guergarat a poussé le Conseil de sécurité à demander  dans sa dernière résolution sur le Sahara occidental au SG de l’ONU "de  chercher des solutions au problème crée par le Maroc dans cette zone", a  relevé le représentant du Front Polisario.

Le Conseil de sécurité a exigé dans cette résolution de relancer sans  tarder des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc et  demandé au chef de l’ONU de lui soumettre dans six mois une feuille de  route claire pour le règlement du conflit, a rappelé M. Boukhari.

Mais le Maroc s’est fortement mobilisé pour retarder la désignation du  nouvel émissaire de l’ONU dans l’objectif de différer la relance des  négociations, a-t-il regretté.

En parallèle, il a noté que l’adhésion du Maroc à l’Union africaine (UA)  lui imposait de respecter  l’intangibilité des frontières prévue par  l’article 4 de l’acte constitutif de l’UA qu’il avait ratifié en janvier  dernier.

"Cela signifie qu'il doit se retirer des territoires d'un autre Etat  membre de l'Union Africaine qu'il  occupe illégalement depuis 1975 ",  a-t-il soutenu, en relevant que les faits et les déclarations officielles  des autorités marocaines ces derniers mois montrent que le Maroc ne compte  pas tenir ses engagements en matière d’indépendance et d’intégrité  territoriale du Sahara occidental.

"Nous avons au sein de l'Union africaine un cheval de Troie qui  menace  de nouveau l'unité et la sécurité continentales", alors qu’en parallèle "le  Maroc ne manque aucune occasion de dénigrer l'Union africaine" afin de  l’empêcher de coopérer  avec les Nations unies pour parvenir à une solution  juste et durable au conflit du Sahara occidental", a enchaîné le  représentant du Front Polisario.

M. Boukahri a invité le comité spécial de l’ONU à dépêcher une mission de  visite aux territoires occupés afin  de suivre de près la question du  Sahara occidental, rappelant que la dernière mission du genre effectuée par  cet organe remonte à 1975.

En outre, le représentant du Front Polisario a considéré qu'"il était  utile au comité" de fixer une date pour la session spéciale qu’il a convenu  d’organiser sur le Sahara occidental. La session "servira à faire la  lumière sur cette question", a-t-il indiqué.

Evoquant le pillage des ressources naturelles au Sahara occidental occupé,  M. Boukhari a précisé que le Front Polisario souhaitait que le comité  prenne une décision sur cette question.

Ce vol planifié des ressources sahraouies génère près de 5 milliards de  dollars de recettes que le Maroc utilise pour renforcer l’occupation du  territoire, a-t-il souligné, souhaitant par la même occasion que l’Union  européenne respecte le droit international et la décision de sa Cour de  justice qui a conclu en décembre dernier que le Sahara occidental ne fait  pas partie du territoire du Maroc.

"Le Maroc occupe notre pays depuis 1975 en violation flagrante des  résolutions de l'Union Africaine, de l'Assemblée générale, du Conseil de  sécurité, et de la décision de la Cour internationale de Justice du 16  octobre 1975", a indiqué le responsable du Front Polisario, en expliquant  au comité que les crimes commis par le Maroc contre le peuple sahraouis  sont "indescriptibles et l'histoire les jugera un jour et révélera leurs  dimensions tragiques".

Dés les premiers jours de l’occupation, "le Maroc a recouru à  l'utilisation d'armes interdites telles que le Napalm ".

La localité d'Oum Dreiga a été entièrement bombardée en février 1976,  alors que des dizaines de sahraouis ont été exécutés dans le désert, dont  certains ont été exhumés de fosses communes, découvertes en 2013, en  présence de l'ONU, a tenu à rappeler le représentant sahraoui.

Sahara occidental : Le Maroc doit reprendre les négociations dans un esprit de coopération honnête
  Publié le : mardi, 13 juin 2017 16:21     Catégorie : Monde     Lu : 6 foi (s)   Partagez