Tlemcen: Yennayer, des festivités pour consacrer la culture amazighe

Publié le : lundi, 11 janvier 2021 13:56   Lu : 157 fois

TLEMCEN - La wilaya de Tlemcen se prépare activement à célébrer le 12 janvier le nouvel an amazigh "Yennayer 2971" pour consacrer l’identité culturelle amazigh et perpétuer les traditions marquant cette fête millénaire.

Yennayer est ainsi l’occasion propice à la population de se préparer aux festivités accompagnant cette fête. De Beni Snouss, à l’extrême sud-ouest jusqu’à Ain Tellout, à l’est, passant par Marsa Ben M’hidi à l’extrême ouest et arrivant à Honaïne, au nord, la population tlemcenienne s’active intensément à cette fête ancestrale.

Les villages et les quartiers dégagent des senteurs de grands jours. Les femmes préparent, d’ores et déjà, les gâteaux traditionnels comme le makrout, la ghribia et autres trid, m’semmen, des produits authentiques du patrimoine culinaire national qui garniront les tables le jour de l’an.

Des senteurs exceptionnelles se dégagent des "Frinas", ces fours traditionnels fabriqués à base d’argile et de pierre, pour venir titiller les narines très loin, réveillant, chez les personnes âgées, les souvenirs du "bon vieux temps", où les fours à gaz ou électriques n’éxistaient pas.            

"L’occasion de cette célébration est en fait un véritable retour aux sources", a indiqué Mohamed Sarridj, anthropologue. Même si les populations ont adopté les technologies modernes, elles essayent pour cette fête de retrouver les saveurs d’un café préparé au feu de bois, au pain brioché décoré d’un œuf et le fameux plat de "berkoukes", préparé soit avec des herbes naturelles, des plantes médicinales ou accompagné de viande séchée, rivalisant avec le couscous par son goût et sa consistance adaptée au froid hivernal.

 

                 L’habit traditionnel en vedette

 

Yennayer met églement à l’honneur la diversité des habits traditionnels algériens dans leurs formes et leurs couleurs. Pour le jour de l’an amazigh, les fillettes mais aussi les jeunes filles de Tlemcen se séparent de leurs habits quotidiens pour porter la célèbre "chedda" et autres

blouses et robes kabyles, chaouies et sahraouies comme pour marquer leur attachement à ce patrimoine ancestral, riche et authentique qui reflète l’identité amazigh unissant le peuple Algérien de toutes les régions.

Soulef, jeune lycéenne de Remchi, très portée sur les tenues sports et décontractées, opte durant la célébration de cette fête, pour une tenue traditionnelle. Elle estime de manière spontanée que "porter une robe kabyle, chaouie ou d’une autre région du pays lui donne plus de charme et de beauté".

"En Haïk ou en tenue traditionnelle, les femmes algériennes sont plus vraies que les autres jours de l’année", estime la présidente d’une association de femmes rurales, Yamina Meddane.

Les couturières et stylistes algériennes de Tlemcen, en particulier ont fait un grand progrès dans la création des modèles vestimentaires traditionnels, ce qui incite les femmes de tout âge, à acquérir ces tenues qu’elles portent à cette occasion ou lors de grands événements avec

beaucoup de bonheur et de fierté.

 

                   Des programmes riches et diversifiés

 

La célébration de Yennayer permet aux institutions culturelles de programmer diverses activités à même de mettre en valeur ce legs patrimonial et civilisationnel que recèlent la wilaya et le pays en entier.

A cet effet, la Maison de la culture, le Centre des arts et des expositions, le Musée de calligraphie et le Centre national d’interprétation du costume traditionnel algérien ont concocté divers programmes d’expositions d’artisanat, d’art culinaire, d’ateliers thématiques, de défilés de mode et de concours destinés aux enfants axés sur la thématique de Yennayer .

Par ailleurs, la société civile, représentée par les associations culturelles et touristiques et de jeunes l’instar de "Wafâa" d’Aïn Ghraba.

"El Wâad" de Tlemcen, "Ahbab Chouly", l’Association des jeunes de Marsa Ben Mhidi et de Boukanoune, l’Université de Tlemcen, le bureau de wilaya de l’Union nationale de la société civile, l’Association "Amel" de Remchi, l’Association des Deux frères de Ghazaoue, et d’autres ont donné le ton aux festivités de Yennayer, en organisant samedi une fête au village de Sidi Mechour, relevant de la daïra de Marsa Ben M’hidi.

"Ce petit village enclavé est sorti ainsi de sa torpeur et de son isolement", indique à l’APS, Benameur Okacha, membre de l’Association "Ahbeb Chouly".

Tlemcen: Yennayer, des festivités pour consacrer la culture amazighe
  Publié le : lundi, 11 janvier 2021 13:56     Catégorie : Régions     Lu : 157 foi (s)   Partagez